NOS PROPOSITIONS EN 3 POINTS

Nous demandons la réalisation d’un projet visionnaire et d'envergure internationale à programmer sur un temps plus long que les deux ans prévus.

Le projet auquel nous souscrivons et que nous soutenons est présenté sur le site de la Société Archéologique du Midi de la France (SAMF) *.

Il doterait Toulouse d'un rayonnement culturel international, par la réalisation d'un ensemble cohérent, riche et attractif, digne de l'importance de ce monument, et en rapport avec tout ce qui se fait aujourd'hui dans le monde pour des sites comparables.

 

 *Voir le site de la SAMF (http://societearcheologiquedumidi.fr),

LE PROJET ACTUEL

Le Projet actuel reste d’une grande banalité et comporte des risques majeurs pour l’archéologie et l’histoire tout en faisant perdre l’opportunité de valoriser réellement ce site.

  • Il banalise la place autour du monument majeur qu’est la basilique Saint-Sernin, sans répondre à l’enjeu patrimonial (et touristique) que l’on est en droit d’attendre. Autour de Saint-Sernin, on aura le même type de place standardisée que l'on peut retrouver partout, en France, en Europe ou dans le monde…  

  • La réfection des réseaux et la plantation de trop nombreux arbres vont porter définitivement atteinte au patrimoine archéologique sous-jacent : On ne connaît pas précisément l'emplacement des anciens réseaux, donc de nouvelles tranchées seront réalisées, et la fouille limitée aux emplacements des plantations rendra incompréhensible ce qui sera mis au jour. 
  • La réalisation d'un pavage définitif sur dalle de béton, condamne les fouilles archéologiques pour plusieurs décennies.
  • La remise à plus tard de la réalisation d’un musée de l’œuvre, et sa relégation hors de l’emprise de la place dans un bâtiment existant, prive les Toulousains d’un équipement public nécessaire, à la fois sur le plan pratique de l’accueil et sur le plan culturel de la compréhension du site et de la présentation de ses richesses. 

 

MISE EN PLACE D’UN PLAN ou SCHEMA DIRECTEUR

Une mise en œuvre plus ambitieuse est possible : pour cela des phases successives clairement définies doivent être planifiées afin de compléter et d’intégrer les composantes fortes du projet d’urbanisme actuel.

Un plan directeur déterminera avec précision les interventions nécessaires, dans un ordre logique, programmera dans le temps les grandes phases du chantier et les structurera financièrement.  Elaboré en concertation avec les parties prenantes et les experts identifiés, il sera assorti d’engagements quant à la bonne exécution des travaux.

L’adoption d’un plan directeur ne veut pas dire que l'on va ensuite tout réaliser d'un seul coup (cf. le Grand-Louvre, Bordeaux, les forums impériaux à Rome, les plans directeurs des cathédrales et de leurs abords en Espagne etc.)

  • L'établissement d'un tel plan requiert un travail partagé entre les archéologues, les historiens, les historiens de l'art, les conservateurs de musées et de monuments, les architectes, les urbanistes, les services des jardins, les concessionnaires des réseaux, seuls à même de préciser les contraintes mais aussi les opportunités générées par les différentes phases du plan. Il devra être présenté en toute transparence.
  • Le plan directeur devra intégrer une dimension de partage et d’implication des citoyens qui financent les travaux et peuvent être impactés par leur réalisation : l’accessibilité au site lors des travaux (présentations, parcours pédagogique, visites, rédactionnel) confrontera le public à l’histoire passionnante du site 
  • En préambule à toute intervention, il est nécessaire de préciser au plus vite la nature exacte des interventions sur les réseaux par les concessionnaires et de l’inclure au schéma directeur si ces interventions sont absolument nécessaires.

  • De plus, le plan directeur doit prévoir et permettre un embellissement rapide du site par un traitement de surface temporaire, autorisant les fouilles sectorisées. Pour cela il faut privilégier des travaux et des matériaux compatibles avec les fouilles. La médiatisation du Projet et l’animation du chantier valoriseront cette étape

La construction planifiée d’un Musée de l’œuvre sera ensuite possible.

 

REALISATION DE FOUILLES ARCHEOLOGIQUES

Des fouilles : Pour quoi faire ? 

La Basilique Saint-Sernin et le site sur lequel elle est implantée, sont d'une importance exceptionnelle au niveau international : Saint Sernin a été une abbaye majeure sur le plan de l’histoire de l'art roman et le site archéologique qui l'entoure condense 2000 ans de notre histoire.

Ces deux raisons majeures doivent guider le projet. Or, nous ne connaissons qu’une petite partie de ce site et de son histoire. Multiplier les interventions archéologiques ponctuellement pour chaque réseau, pour chaque arbre, ne permet pas de comprendre le site, son histoire et porte atteinte à ces « archives du sous-sol » en contribuant à la destruction des niveaux. 

Dans quel temps ? 

Il est impensable de fouiller toute la place en même temps. Il faut donc prévoir dans les 2 ou 3 ans un aménagement de toute la surface plus léger, temporaire et réversible et moins onéreux en conjonction avec la sectorisation des fouilles. Pour chaque secteur, il est possible de procéder de la façon suivante :  

  1. Décapage 
  2. Fouille partielle ou totale selon l’intérêt des vestiges 
  3. Suivi par un comité scientifique international qui peut proposer de recouvrir les vestiges ou de les présenter au public (avec divers types de mise en scène possibles) 
  4. Pendant les fouilles, aménagement de circuits de visite pour le public : médiation permanente et présentation des découvertes sur place. 
  5. Après la fouille, aménagement définitif du secteur concerné de la place, plantations d'arbres et pavage définitif.

Avec qui ? 

Le caractère exceptionnel du site requiert une équipe pluridisciplinaire de haut niveau, qui pourrait se faire par un large partenariat institutionnel. 

 

Sans les fouilles il manque l'essentiel par Quitterie Cazes

Malgré un état des connaissances qui peut paraître assez stable, il nous manque plusieurs choses. D’abord, tout ce que nous ne connaissons pas, qui n’est éclairé par aucun texte. Car les textes ont été écrits en vue d’intérêts bien précis (pouvoir, finance…) et n’ont que très rarement vocation à décrire la réalité. Au contraire, les fouilles permettent d’aborder tous les aspects de la vie urbaine, que ce soit la mise en place et le fonctionnement des rues, des maisons, mais aussi comment on y vit, comment l’espace évolue au cours des siècles. Bien sûr, cela ne peut être révélé par de simples tranchées de diagnostic, il faut de véritables fouilles en aire ouverte, comme celles qui viennent de s’achever à Saint-Géraud d’Aurillac ou celles en cours à Saint-Martial de Limoges, comme cela se pratique partout depuis près de cinquante ans.

Et puis, sans les fouilles, il nous manque l’essentiel : le concret de la mise en scène de la grande église romane dans son environnement médiéval. Les niveaux de sol n’étaient pas les mêmes à l’est et à l’ouest de l’église. L’analyse de l’édifice a montré que le portail occidental était précédé par un grand escalier, qui monumentalisait véritablement cet accès majeur. Il est fort probable que, comme à Compostelle, une grande fontaine se trouvait au centre du parvis limité au sud par l’hôpital et au nord par autre chose. Le secteur réservé à l’abbé et aux chanoines devait également être d’une grande qualité. Cette élite cléricale n’avait-elle pas suscité la jalousie de l’évêque Isarn qui chercha plus d’une fois à mettre la main sur l’église de pèlerinage, ses ressources et son prestige ? Ces chanoines étaient également de grands intellectuels, d’une culture patristique, littéraire et artistique sans équivalent. Ils ont contribué à mettre Toulouse au rang des villes majeures de l’Europe médiévale.

Un pourcentage non négligeable des traces qu’ils ont laissées dans le sous-sol, si on laisse faire l’aménagement de la place sans fouilles archéologiques, sera une fois de plus détruit. Comme un livre dont on aurait déjà arraché une partie, qui verrait un ou plusieurs chapitres entiers disparaître avant la lecture… Il est donc impensable, quand on connaît le potentiel des lieux, de ne pas faire de fouilles exhaustives autour de Saint-Sernin !

PLANIFICATION ET CONSTRUCTION d’un MUSEE DE L’OEUVRE

Illustration d'un futur musée de l'Oeuvre à Nimes

Pour quoi faire ? 

  • Créer à moyen terme un signal, une « signature » contemporaine forte faisant le lien avec les différents monuments du site (la Basilique restaurée, le Musée Saint Raymond et l’Hôtel Dubarry rendu accessible au public)
  • Assurer l’accueil correct des touristes, des pèlerins et des visiteurs (auditorium, boutique, toilettes, cafétéria)
  • Présenter et protéger des œuvres d'art entassées aujourd’hui dans les combles de la Basilique : à savoir la collection lapidaire, les objets liturgiques, la Chasuble de Saint Exupère, etc.
  • Faire vivre un lieu de médiation, favorisant le lien social qui présenterait en images et par des maquettes l’histoire du lieu, de l'abbaye et de ses restaurations successives.
  • Son sous-sol constitué d'une crypte archéologique ferait communiquer les différents espaces : de l'accueil à l'espace du cloitre puis au transept nord permettant à la fois la présentation dans la continuité des 2000 ans d’histoire du site, et la sécurisation des différents édifices.

Dans quel temps ? 

Le plan directeur permettra de définir puis de planifier non seulement les emplacements à réserver (ou à rendre facilement accessibles à un cout raisonnable) mais aussi les modalités de réalisation du musée : Ainsi l'ébauche d'un musée de l'Œuvre en connexion avec la Basilique, sur la zone fouillée du parking pourrait se faire par la réalisation des cryptes archéologiques sur l'emplacement futur du musée. Ces cryptes en seraient la fondation et le soubassement.

 

Une salle du musée de l'oeuvre de la cathédrale de Strasbourg.                   

QUELQUES ACQUIS

A l'issue des réunions publiques et présentations faites par la Mairie avec le bureau d'Etudes de J. Busquets,  nous avons pris note de quelques progrès par rapport aux premières ébauches ;

Mais le projet est encore trop abstrait. Pour obtenir les précisions et les engagements necessaires, nous maintenons un dialogue avec les services techniques et adjoints en charges du dossier ;

Les avancées sur le dossier sont disponibles dans la rubrique POSITIONS. A date (octobre 2016) les évolutions enregistrées sont : 

  • la mise en valeur de l'édifice 
  • l'utilisation de matériaux réversibles dans la mesure du possible
  • la limitation du nombre d'arbres plantés
  • le maintien des grilles de protection en particulier à la Porte Miégeville 
  • l'élargissement des jardins au chevet, ouverts en journée et fermés la nuit, un square avec des bancs 
  • la restauration du massif occidental, dont les chapiteaux romans souffrent de l'écoulement des eaux de pluie, restauration de l'enfeu des comtes de Toulouse
  • Une fontaine sur le parvis
  • La suppression des 160 places de parking autour du monument
  • La délocalisation (provisoire ?) des marchés du samedi et dimanche matin ;

De plus, les ébauches actuelles devront préciser (entre autres) les actions envisagées au sujet de l’existant à savoir :

  • La calade de la porte Miégeville à restaurer dans les règles de l'art
  • Le style des grilles qui viendront compléter l'existant
  • Les arbres existants qui masquent déjà la vue sur la Basilique
  • L’arrosage automatique qui impacte les cryptes
  • Les procédures de contrôle (et d’alerte) pendant les travaux
  • Le traitement prévu pour le jardin St Raymond par rapport à l'ensemble

DE PLUS le ruissellement des eaux pluviales necessitera un traitement adapté qui sera défini au terme de l'analyse en cours quant à l'origine de la déterioration des fresques romanes , et de l'humidité des cryptes.

ENFIN les besoins de tous les usagers devront être pris en compte afin que l'embellissement ne fasse pas de la place un lieu sans ame et sans histoire à raconter ....