OU EN SOMMES NOUS ?

« Le but de la discussion ne doit pas être la victoire,

mais l'amélioration... »

Joseph Joubert

Artiste, Ecrivain, Moraliste (1754 - 1824

 

Dans un souci de transparence et d'ouverture, le collectif "Sauvegarde de la Place Saint Sernin», souhaite apporter aux lecteurs les précisions suivantes et confirmer que la Mairie de Toulouse a entendu certaines de nos préoccupations.

Au cours des dernières semaines les porte-paroles du Collectif ont été reçus par madame Escudier, maire de quartier, madame Laigneau, adjointe en charge de l'urbanisme, le docteur Chollet, adjoint au maire, et tout récemment par madame Kemplaire dans le cadre du plan de gestion des sites classés Unesco ; Un dossier de presse complet, détaillant les propositions et positions du Collectif leur a été remis.

De plus une rencontre avec les responsables des services techniques de Toulouse Métropole a permis de préciser le calendrier et la nature des travaux à venir, mais aussi d’exprimer de manière spécifique les craintes du Collectif et des riverains quant au démarrage en janvier 2017, de la réfection des réseaux par les concessionnaires en charge.

Des assurances nous ont été données concernant une réfection place pour place des réseaux d'eau potable et d'électricité datant des années 50-60. Les plans de conception de ces réseaux sont théoriquement connus, mais en l’absence de plans de réalisation (ou de recollement) précis, le risque d’un labourage « large » autour des gaines existantes (en hauteur et surtout en profondeur) ne peut pas être écarté.

Le sujet de la végétalisation du site pourrait quant à lui faire l’objet d’un consensus : La Mairie et M. J. Busquets admettent qu’il faut réduire de façon significative le nombre d’arbres à planter en complément des tilleuls existants. Le collectif fera dans les prochaines semaines des propositions argumentées, quant au choix d'essences moins imposantes afin de ne pas masquer les vues sur la basilique et le musée Saint Raymond, et plus en rapport avec la symbolique du monument.

Le sujet des fouilles approfondies du site est quant à lui systématiquement rejeté sous prétexte que la DRAC et les instances sachantes (Commission nationale des abords des monuments historiques) ont donné leur accord au projet d’urbanisation présenté. Rappelons que des fouilles partielles et ponctuelles des trous de plantations et des tranchées qui buteront sur des vestiges constitueront une perte de connaissances scientifiques par mitage du tissus archéologique et une aberration du point de vue de l'intérêt historique du site.

Enfin, à notre demande, une plus grande réversibilité des revêtements de surface est à l'étude, mais à ce stade de l’avant-projet, rien n’est acté : nous devrions en savoir plus fin février 2017.

Nous avons plusieurs fois mentionné la nécessité de créer pour Saint Sernin un schéma directeur : A partir d'un aménagement plus léger et moins coûteux réalisé dans les deux ans pour satisfaire tous les usagers, ce schéma permettrait de planifier des fouilles sérieusement menées, sectorisées et médiatisées afin qu'elles constituent un atout touristique et non une gêne pour les riverains, puis à terme la mise en chantier sur le site, d'un musée de l'œuvre et l'agrandissement du musée Saint-Raymond.

En résumé, nous prenons acte de la volonté de la Municipalité de restaurer la Basilique et d’embellir le site et nous ferons tout pour que cet embellissement ne soit pas fait au détriment de l’histoire.  Nous espérons que le dialogue entamé aboutira à des engagements fermes et à une réalisation ambitieuse au bénéfice de Tous…

Ne donnons pas aux futures générations d’habitants et de touristes l’occasion de reprendre à leur compte la citation complète de Charles de Montalembert : « Toulouse m’a paru être la métropole et comme la patrie du vandalisme »*

 

*Ch. de Montalembert, « Vandalisme en France, lettre à M. Victor Hugo », Revue des Deux Mondes, t. 1, 1833, p. 508-513).

UNE PETITION QUI A RECUEILLI PLUS DE 6000 SIGNATURES

Attention danger : les travaux sur les réseaux débutent en janvier 2017

Aidez nous à obtenir des fouilles du site avant que des dégats irreversibles ne soient commis par ignorance ou par négligence.

Signez et faites signer notre pétition sur CHANGE.ORG - recherchez SERNIN

 Aujourd’hui à Toulouse,…

 Il existe un projet d’aménagement urbain de la place Saint Sernin de Toulouse, et des sondages de terrain ont été réalisés durant tout l’été en vue d’un projet d’aménagement urbain de la place Saint Sernin, permettant la découverte de deux chapiteaux romans exceptionnels et d'une plaque funéraire rare (entre autres).

 Ce projet affecte un site archéologique riche de plus de deux mille ans d’histoire répartis sur plusieurs mètres d’épaisseur : une nécropole païenne et paléo-chrétienne de la fin de l’Antiquité et du Haut-Moyen Age,

  • les vestiges d’une première église paléo-chrétienne
  • des éléments de construction de la grande église romane actuelle
  • des éléments du cloître et des bâtiments de l’abbaye détruits après la révolution française,…

C’est tout un pan de l’histoire de Toulouse qui pourrait renaître, depuis l’Antiquité jusqu’au siècle dernier.

Or le projet d’aménagement urbain…. semble déjà préétabli sans tenir compte de cette richesse patrimoniale et pourrait entraîner la destruction des premières couches archéologiques. 

 Pétition à Monsieur le Maire

 C’est donc pour cet enjeu que nous demandons à Monsieur Jean-Luc MOUDENC, maire de TOULOUSE, au vu du projet actuel d’aménagement de la place Saint Sernin par la municipalité que soient réalisées des fouilles archéologiques approfondies sur l’ensemble du site, et pas seulement les sondages d’évaluation réalisés cet été. En faire l’économie serait une perte irréparable en raison de la destruction des vestiges sous-jacents.

Nous demandons également une autre approche du projet d'aménagement, de façon à :

- mettre en valeur les vestiges du cloître et de l’abbaye et les intégrer dans un ensemble cohérent avec la Basilique et un indispensable musée de l'œuvre,

- garantir la transmission de ce patrimoine inestimable aux générations futures et prendre en compte la nécessité de protéger la basilique contre tous risques de dégradations (urgence de restaurer la façade ouest) ou de vandalisme (importance de maintenir le rôle protecteur des grilles du XIXème siècle).

Cet ensemble deviendrait pour Toulouse un atout majeur pour son classement au patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

Collectif Sauvegarde de la Place Saint Sernin
36 rue Gatien Arnoult

31000 Toulouse

Vers l’UNESCO, une très longue route...

La route vers la « reconnaissance » de la ville de Toulouse par l’UNESCO sera longue et difficile. Cette aventure dépassera largement la durée du mandat de l’actuelle municipalité qui est déterminée à lancer la Ville dans cette rude escalade...
Tout le monde en est parfaitement conscient. C’est un engagement au long cours sur au moins une décennie et peut-être plus !

Extrait d’un article reproduit avec l’aimable autorisation de L’Auta (L’Auta Août-Septembre 2015, p. 270-273

… Parmi les joyaux de notre ville, il y a la basilique Saint-Sernin. C’est la plus vaste église romane au monde, elle possède le plus grand nombre de reliques après la basilique Saint-Pierre de Rome, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
On peut se demander si cet édifice qui est pourtant classé « monument historique » fait bien l’objet d’un entretien périodique. Avant d’être une basilique, elle a été une abbaye située hors les murs et entourée de nombreux bâtiments, certains fonctionnels et d’autres nécessaires à la vie monastique…

Les substructions de tous ces bâtiments existent encore sous terre et des fouilles devraient permettre de mettre à jour leur emprise au sol et de faire quelques découvertes intéressantes concernant notamment les nécropoles antique et paléochrétienne. Des sondages ont été réalisés, mais ce ne sera pas suffisant, ils doivent être suivis de véritables fouilles qui conditionneront l’aménagement futur des lieux el la grande question est de savoir ce que l’on va faire après ces indispensables fouilles pour mettre en valeur ce qui aura été découvert et pour restituer ce qui a été l’abbaye de Saint-Sernin et ses dépendances, ce foyer européen de culture qui a fait et qui fera demain – nous l’espérons – la fierté de Toulouse.

Extrait d’un article reproduit avec l’aimable autorisation J. Pierre  SUZZONI – SAMF - http://societearcheologiquedumidi.fr/spip.php?article 74

Or, si le dossier de candidature à l'UNESCO porte sur le thème de Toulouse capitale, à travers les différents lieux de pouvoir de la cité, il nous semble très important (pour ne pas dire Capital) d’inclure à ce dossier l’histoire, la place et le rôle joués par l’Abbaye de Saint Sernin depuis sa fondation.

 … En effet, à Toulouse les institutions sont fortes, se complètent et parfois rivalisent et l’'abbaye de Saint Sernin a été un lieu de pouvoirs affirmés et antagonistes tout au long de son histoire : les intérêts de l'Abbé étant souvent en opposition avec ses chanoines et ceux des confréries de laïques, présentes à Saint-Sernin pour gérer les dévotions aux corps saints et mettre en valeur les reliques.

 Ces confréries étaient également très influentes dans la ville : Elles étaient un passage presque obligé pour accéder à la magistrature municipale, dont une des conditions d'éligibilité était d'être de religion catholique.*

*référence : Pascal Julien, "D'ors et de prières" "Arts et dévotions à saint Sernin de Toulouse XVIème - XVIIème siècle" Presses Universitaires de Provence PUP

ENRICHIR & VALORISER LE PATRIMOINE … TOUS GAGNANTS !

Crypte St Martial de Limoges

Notre collectif se bat pour que l’aménagement et l’embellissement des différents secteurs de la place Saint Sernin soient précédés de fouilles approfondies menées selon un protocole défini et conduites par une équipe pluridisciplinaire de haut niveau dans le cadre d’un large partenariat institutionnel.

Les fouilles archéologiques ont mauvaise réputation ! Pourquoi ?

  • Parce qu’elles coutent cher et durent très / trop longtemps,
  • Ne servent qu’à déterrer des objets qui encombreront les réserves déjà combles de nos musées,
  • Détournent les touristes et la population du lieu fouillé et tuent l’économie locale,
  • Ne nous apprennent rien que nous ne sachions déjà ….

 Il est temps de tordre le cou a ces idées reçues

  • A partir d’études préliminaires et de sondages, les archéologues savent définir précisément la profondeur et la complexité des vestiges.
  • Ils savent aussi calculer le nombre de personnes nécessaires en fonction du délai prévu.
  • En faisant des fouilles archéologiques, on ne part pas à l’aventure, ni sur le plan du temps ni sur celui du budget.
  • Les secteurs fouillés ne sont plus interdits au public, au contraire ils sont mis en scène et font l’objet de visites guidées (ou libres mais documentées) permettant à chacun de vivre en temps réel l’aventure des découvertes
  • La médiatisation des fouilles permet d’initier un large public à l’histoire du lieu qu’il côtoie tous les jours sans le voir, à comprendre pourquoi le site et le monument qui l’occupe sont si précieux.

Rappel des propositions du Collectif

Faire un aménagement provisoire de la place, en posant les pavés sur de la grave, pour régulariser les niveaux de sol, piétonniser l’espace, sans toucher aux niveaux sous-jacents ni aux réseaux ; mettre en place des arbres de petites dimensions dans des containers, hors-sol.

  •  Sectoriser la place =) fouille d’une première partie =) décision sur la mise en valeur ou non des vestiges =) réfection des réseaux =) réutilisation des pavés pour la pose définitive =) Puis fouille d’une deuxième partie etc.
  • Planifier la construction d’un musée, qui mette en valeur les collections conservées dans la grande basilique, qui permette l’accueil du public et continue la médiation aujourd’hui indispensable d’un tel monument et de son site

 Le but final de l’aménagement de la place doit être la mise en valeur de la basilique Saint-Sernin et de son environnement en proposant différents points de vue, niveaux des sols extérieurs et en prenant en compte les éventuels vestiges mis à jour (abbaye, mais aussi maisons et tours médiévales, voire mausolées antiques).

La création de valeur

 La réalisation des fouilles et des travaux est une opportunité unique pour stimuler par un « effet de projecteur » l’économie et l’activité d’un site. De nombreuses études et réalisations menées, en France et l’étranger nous démontrent que 1 euro investi dans la valorisation et la présentation d’un site de grande qualité peut rapporter de 3 à 10 euros.

Mais le « retour sur investissement » cher à nos économistes ne se compte pas uniquement en Euros ; la valorisation la plus précieuse reste celle qui établit ou renforce un lien culturel et social inter générationnel au sein de tous les publics qui auront été exposés à l’histoire du lieu.

 Un exemple récent à suivre

Partout en Europe on s’attache désormais à ce que les différents sites mis en valeur ne soient pas conçus comme des interventions ponctuelles, mais comme autant d’ouvertures sur une compréhension plus générale du site dans la ville, dans son histoire, son influence et son rôle politique, économique etc…

 

 

à Madame Rouillon-Valdiguié (2) et Monsieur Calmettes (3)

Reprenons vos récents propos (1) :  « …Quel est notre totem ? Notre tour Eiffel ? » …  « Nous n'avons pas de totem, mais de multiples atouts qu'il faut mettre en valeur » …

Le mot Totem semble donc être le dernier terme à la mode pour expliquer le déficit de notoriété de Toulouse et le manque à gagner en termes de fréquentation touristique ;

… Et le politique d’ajouter que nous allons investir tous azimuts afin d’attirer congressistes européens, amoureux de l’aéronautique et du rugby à qui nous proposerons un large choix d’hébergements et des transports améliorés pour aller d’un site à l’autre, sans parler de « ramblas » ou se promener… le tout en évitant très soigneusement de parler de la valorisation du patrimoine historique et culturel de la ville, longtemps négligé quand il n’a pas été détruit.

Ce manque de vision et la faiblesse culturelle de ces propositions, nous interpellent et nous choquent, nous le Collectif Sauvegarde de la Place Saint Sernin, car Toulouse possède non seulement un « Totem » datant du 12° siècle : cette basilique romane unique en Europe, son clocher et sa flèche, mais surtout parce qu’une opportunité est là, qui peut faire de ce site l’attraction majeure, (le « must see » comme disent nos voisins britanniques), de la ville rose.

En lieu et place d’un urbanisme banal mais coûteux (le tout « béton - granit - végétal » proposé) nous nous battons pour que Toulouse se dote enfin d’un lieu de culture, de méditation, de découverte et d’échanges, un véritable condensé de 2000 ans d’histoire à la portée de tous, et nous soutenons le projet alternatif développé et documenté par la Société Archéologique du Midi de la France. (4)

Vous noterez enfin que les visiteurs du site « Tripadvisor » (5) ne s’y sont pas trompés, eux qui ont désigné la Basilique Saint Sernin N° 1 des choses à voir et à faire à Toulouse, (et qui ont classés 10 sites sacrés et monuments remarquables dans le Top 15, la cité de l’Espace n’arrivant qu’en 14eme position). Pourquoi un tel décalage entre Visiteurs et Décideurs ?

Aux habitants et aux amoureux de Toulouse, nous souhaitons expliquer qu’en investissant autrement il est possible de combiner Histoire, Patrimoine, Modernité et développement Economique… 

 

(1)     Parus dans la presse régionale et venant appuyer la présentation des actions envisagées pour améliorer la fréquentation touristique de la ville)

(2)     Sylvie Rouillon-Valdiguié. Vice-Présidente de Toulouse Métropole, Présidente de « So Toulouse »

(3)     Hubert Calmettes, Directeur Général de l’Agence d’attractivité

(4)      http://societearcheologiquedumidi.fr/spip.php?rubrique16

(5)      https://www.tripadvisor.fr/Attractions-g187175-Activities-Toulouse_Haute_Garonne_Occitanie.html

 

 

 

Instructions

Cette page reflete les positions et réactions de certains membres du Collectif ; si vous le souhaitez, cette tribune peut devenir la votre afin de renforcer notre action en faveur du patrimoine urbain de la place et de la Basilique Saint Sernin de Toulouse.

Toutefois, les propos tenus ne peuvent être sortis de leur contexte et une autorisation préalable de citation sera nécessaire ; Merci d'adresser vos demandes à contact.sauvegardesaintsernin@gmail.com