L'or maudit de Toulouse et la légende du lac sacrée de Saint-Sernin...

La tribu des Volques Tectosages, premiers habitants connus de Toulouse, avait eu l'audace d'aller piller le temple de Delphes en 279 avant J.C. A leur retour de Grèce, l'or est offert aux Dieux par les celtes qui le jettent en offrande dans leur lac sacré.

Mais après ce vol sacrilège, le malheur frappera Toulouse : les habitants sont décimés par une épidémie de peste, puis par la défaite face aux romains, en 106 avant J.C.

Cet or maudit, car volé à Apollon, portera dès lors malheur à celui qui le convoitera. Caepio, le consul romain vainqueur qui pilla Toulouse, en fut à son tour victime : Une embuscade sur le chemin du retour vers Rome le priva du butin estimé à 70 tonnes d'or et d'argent. Il fut ainsi condamné à l'opprobe, la ruine et l'exil car il fut soupçonné d'un détournement qu'il aurait lui même organisé.

La légende veut que Saint-Sernin soit bâtie sur pilotis, sur le lac sacré des volques tectosages ...

La Gemma Augustea ou le camée tant convoité ...

Au moyen-âge, les moines gardaient jalousement dans le trésor de Saint-Sernin, un grand camée antique du 1° siècle, contemporain de l'empereur Auguste et de la vie du Christ.

Un camée est une pierre dure, avec des couches de couleurs différentes et l'art du sculpteur consiste à dégager un motif sur un fond de couleur distincte.

Celui du trésor de l'abbaye, est taillé dans une pierre d'onyx à double couche , blanche et bleue foncée, d'environ 19 cm par 20. Sa dimension et la finesse de sa sculpture en font un objet d'art très convoité...

Comment est il arrivé là ? La légende l'attribue à un don de Charlemagne, mais peut-être un chevalier , ayant participé au sac de Constantinople en 1204, et de retour de la quatrième croisade en aurait fait don à l'abbaye ?

Le pape Clément V, en 1306, avait proposé de l'échanger contre la construction d'un pont sur la Garonne, ce que les moines avaient refusé. Mais il fut plus difficile d'échapper à la demande de François 1°, qui visitant l'abbaye en 1533, demanda qu'on le lui prête... Le roi l'emporta donc dans ses collections de Fontainebleau.

Le joyau disparut pendant les guerres de religions, et réapparut au début du XVII ème siècle, à Vienne, racheté par les Habsbourg, empereurs d'Autriche. Il est donc aujourd'hui un des chefs-d'œuvre des collections du musée d'art et d'histoire de la ville de Vienne.

Les diamants de Madame Dubarry ...

Dans la crypte inférieure de la Basilique Saint-Sernin, une pièce d'orfèvrerie religieuse du XIX° siècle attire l'attention par l'éclat des diamants qui y sont enchâssés.

Il s'agit d'un ostensoir, objet qui présente à la dévotion des fidèles, dans sa partie vitrée (la lunule) l’Ostie consacrée, présence réelle du Christ pour les catholiques.

Les diamants qui entourent cette lunule, ont une origine surprenante, puisqu'ils ont appartenu à Jeanne, comtesse Dubarry, dernière maîtresse du roi Louis XV ...

Ce don fait à la basilique au XIX ème siècle par une héritière de la comtesse, montre à quel point l'église sait fermer les yeux sur l'origine des présents qu'elle reçoit, quand il s'agit de soulager l'âme scrupuleuse d'une paroissienne...

Si vous passez par Saint-Sernin, on vous contera dans le détail, à l'ombre de l'hôtel particulier qu'il fit construire sur la place, l'histoire de Jean Dubarry, l'entremetteur, qui sut ainsi profiter des largesses du roi.