4. janv., 2017

Lettre de JL Moudenc sur Change.org - Droit de réponse

Toulouse n'est décidément pas dans la course des villes européennes qui respectent et mettent en valeur leur patrimoine.

L'écart devient de plus en plus flagrant, y compris avec des villes bien plus petites que la nôtre. Quant aux principes "juridiques" énoncés par la DRAC (cf lettre de Monsieur Moudenc), ils ne correspondent nullement, malgré ce qui est affirmé haut et fort, aux pratiques actuelles de la plupart des pays européens, et même de la France en d'autres lieux.

On ne fouillerait plus, nulle part, depuis des années…  Ce qui est loin d'être vrai, et le plus souvent, une fouille faite par des professionnels, avec les moyens nécessaires, sauve ce qui est enfoui, enrichit les musées et les connaissances, dote le lieu concerné d'un atout patrimonial de premier ordre, siège d'une authentique action culturelle et touristique.

Donc ce qui est affirmé est tout simplement faux. Cela confirme l'isolement toulousain, celui d'une ville qui cependant a massacré toutes les couches archéologiques de la rue Alsace-Lorraine, qui traverse la ville antique et médiévale, sans état d'âme, qui a laissé détruire tant de sites archéologiques, notamment le palais des rois wisigoths. Quelle audace de venir ensuite nous donner une leçon de respect des réserves archéologiques pour les générations futures.

Et que dire de l'argument selon lequel personne n'a fait de pétition ou d'action de sensibilisation en faveur du site de Saint Sernin depuis 25 ans ?
L'architecte en chef Yves Boiret a toujours alerté la mairie et à la DRAC à propos de la basilique: l'intérieur, l'extérieur, les abords. Ce sont bien la mairie et la DRAC qui ont interrompu le processus en cours de puis les années soixante, parce que personne ne voulait y travailler et parce que, une fois de plus, on prétendait ainsi faire des économies.
A son poste de conservateur, Daniel Cazes et ses équipes ont dû mener une action constante, pendant 25 ans, pour que tout redémarre et se fasse.
Dans le contexte toulousain qui se vante d'une croissance économique et démographique remarquable, ont été obtenu de haute lutte et ce ne fut pas simple :
  • la rénovation du musée Saint-Raymond actuel, avec fouilles (1994-1999),
  • la fin de la restauration extérieure de la basilique dans les années 1990,et celle des portes et avant-porte Miègeville,
  • un véritable système de sécurité vol et incendie pour la basilique, qui n'en avait pas encore à la fin du XXe siècle (!),
A cela il convient d'ajoute la reprise en main des collections de cette dernière qui étaient dans un état d'abandon et de dégradation affligeants, avec un projet de musée de l'oeuvre dès 1988. Ajoutons à cela une action d'information en faveur de l'Hôtel Dubarry, dont personne ne parlait, malgré son état de conservation alarmant (et qui l'est toujours).
 
Notre maire a décidément la mémoire bien courte, quand cela l'arrange. Il n'est pas vrai que personne ne s'est préoccupé des abords de la basilique: son prédécesseur Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Culture, était sensible à la situation et aurait lancé plus tôt un projet s'il était resté maire de Toulouse. C'est lui qui, après après avoir visité le site, a compris  qu'il fallait faire cesser le scandaleux rond-point automobile et le stationnement sauvage autour de la basilique, et, après une étude des flux de circulation concluante, l'a décidé. Pourquoi ses successeurs Jean-Luc Moudenc et  Pierre Cohen ont-ils tout arrêté ? Là est la vraie question .
 
Quant au "projet", alors même que les travaux vont commencer, nous n'en savons pratiquement rien et ce chantier, c'est bien clair, va naviguer à vue, au milieu des protestations et exigences isolées des uns et des autres. Les brocanteurs du marché aux puces ne vont pas rester, notamment, inactifs t les riverains ont besoin de comprendre comment circuler et stationner dans leur quartier... Tout, donc sauf un plan directeur et un vrai projet où chaque chose a été bien étudiée et mise à sa place avant que les entreprises ne soient sur le terrain.
On ne peut pas travailler comme cela et se moquer ainsi des citoyens. On vous laisse de plus imaginer le coût final dans ces conditions…